• Correspondances

    scissors

    Chère lectrice,
    Cher lecteur,

    Alors que j’étais à la rédaction d’un manuscrit dont celui-ci est toujours en cours, à l’une de ses pages, le personnage principal était inspiré à emprunter un langage écrit, dont sa forme tendait à la période du 17ième siècle. Dès lors, il s’investissait en lettres et formes dont la cause, invitait son destinataire à donner suite qui au gré de l’histoire, celle-ci permettait l’introduction d’un historien solitaire et éveillé.

    C’est dire qu’à la suite de mes écrits dont le contenu se référait au langage oublié de notre langue française, qu’une impulsion m’avait envahit pour m’offrir cette liberté, à l’action de correspondre de cette manière auprès d’une amie laquelle, je la savais proche d’une telle plume.

    Bien entendu, votre indulgence est à prendre en compte face à l’orthographe comme la grammaire et la syntaxe de notre temps.

    Qui sait… peut-être qu’au gré de votre lecture, vous conviendrez que notre expression tend à l’éloge de la distinction telle, une symphonie à grande portée…

    Cordialement,

    Denis Le Bon


    Anse au foulon
    27ième jour du mois de mai de l’année de grâce 1678

    Ma très chère,

    Je me porte à votre attention et ce, faisant une pause à cette révision d’un de mes manuscrits me transportant dans un autre temps. Si le roi en était avisé, certain qu’il se raviserait à ce rôle dont je bénéficie depuis mon arrivée ici.

    Imaginez mon désarroi lors d’une rencontre que je faisais à la suite d’un arrêt dans une auberge, sachant que votre délicatesse se prêtait aux bons soins de gens âgées, vous qui êtes à cette jeunesse non loin de la royauté. Que dirait le roi votre père sachant sa prunelle de ses yeux à la serviette et à la corvée. Ne craigniez rien, je serai de marbre espérant que je prendrai de l’âge assez rapidement.

    Encore une fois, je vous fais parvenir ce petit mot par mon faucon espérant qu’il n’a pas bifurqué sa course vers sa dulcinée et s’il plait à vos jolies mains de prendre plume, je pourrais prendre une autre pause pour vous écrire à nouveau…un mot !

    Votre tout dévoué,

    Louis De Letourneau
    Préfet de garnison


    Argenteuil
    Vingt sept du mois d’août de l’année mille six cent soixante et dix huit

    Mon cher préfet,
    Qu’il fut pour moi toute une surprise de voir arriver par l’entremise d’un cheval à la robe doré un messager du nom de Édouard De Lafortune, m’apporter cette lettre cachetée de votre sceau si unique et spéciale. Avec empressement et joie j’ai ouvert et à ma grande surprise de constater que vous avez eu vent de ma présence à cette auberge.

    Pour tout vous avouer j’y trouve sincèrement cette exultation qui m’habite au travers ses gens qui on plus besoin, que bien semble l’imaginer certain individus, cachés sous une fortune qui n’est malheureusement pas toujours vérité. Moi étant demoiselle élevée dans le luxe je tente de m’approcher du pouls du peuple à son meilleur actif.

    Dans une idée de confidence vue votre grande discrétion et du fait que j’ai totalement confiance en vous, dans cette même auberge j’y ai rencontré je dois dire un jeune homme fort intéressant. Bien qu’il ne soit pas dans la royauté comme le désirerais mon père, il a su conquérir mon cœur bien malgré moi et à ma grande surprise, et à ma retenue de ma situation que vous seul et moi connaissent.

    Dois je m’enfuir avec mon bien aimé ou faire face à mon père qui vous savez comme moi sa grande rigidité à ses racines et surtout au sang royale. Risquerai-je fort de mettre une tête sur le bûcher ou de faire face à l’indulgence. J’ouvre les yeux dans cette aventure qui se jouent très bien à deux et avec la grande persuasion que j’y gagne déjà seulement que par son destin que qualifie d’unique et de spéciale.

    Dans l’attente d’une réponse et de vous voir sous peu mon cher préfet, veuillez accepter mes amitiés les plus sincères,

    Catherine de Versailles
    Comtesse d’Argenteuil


    En ce jour de l’année en cours
    Votre humble et maintenant préfet de la Seigneurie de l’Éschaillons

    «Que de grandes émotions se bercent entre vos mots qui je vous le concède, idylle se fait réalité à ce qui vous rapproche de votre royaume qui me semble, maintenant à votre portée.».

    Ma très chère Catherine,

    Le temps entre nos correspondances accuse bien des changements de lieux et d’aventures toujours aussi palpitantes teintées par moment d’arrêts forcés, suaves de nouvelles expressions. Qu’il est agréable pour moi de vous lire qu’importe l’attente car à ce choix de mots dont vous y prêté tant de soins, me transporte à chaque ligne dans votre univers qui, si j’en serais, distance n’aurais pas d’objection pour y connaître la couleur de votre personne et cela, n’occasionnant qu’un jour ou deux. Que voulez-vous, peut-être est-ce ainsi notre vie la voulant à chacun à sa propre découverte dans ce monde à découvrir.

    À ce jour, je reviens de notre mère patrie, la France et ce, à la suite de la demande de notre gouverneur Talon me prêtant l’honneur d’en être le messager de résultat auprès de notre souverain le roi et de surcroît votre père. La traversée me fut pénible et longue car, avaries à l’une de nos voiles nous faisaient dévier de notre trajectoire pour y jeter l’encre dans un endroit inconnu de l’équipage.

    Consternation de tous, nous venions de découvrir une île ne faisant pas partie d’aucune carte si bien que le navigateur lui donnait le nom de «Terre-Neuve». Gibiers en abondance et forêts majestueuses, nous retenaient à cet endroit, deux mois. Que dire de ces couchers de soleil et ce vent rafraîchissant apportant un climat tempéré. Nous quittions en juillet et quatre membres de l’équipage décidaient de s’établir pour tenir le fort d’une autre colonie. Devinez l’enthousiasme m’habitant lors de l’audience à la cour élevant la fierté de notre roi pour l’occupation d’un autre territoire sous son règne.

    Gentilshommes de même que dames de la cour, suscitaient mon apport pour le conte, l’histoire de ce nouveau monde dont plusieurs me témoignaient ce courage d’établir de nouvelles colonies où le quotidien avait besoin de tout. D’ailleurs, mon séjour à cet endroit de «Terre Neuve» me permettait de finaliser ce manuscrit dont je vous avais mentionné ma passion nouvelle qui, à ma grande surprise, demandes m’étaient adressées pour en publier son contenu. Le roi s’en étonnait de par la description étoffée d’une réalité de grandes promesses avec en cours de chaque jour, la détermination d’une collectivité à s’assembler bâtissant les bases de cette Nouvelle France.

    Aujourd’hui j’en suis de nouveau à cette nouvelle terre, milieu ou tout est à faire comme une nouvelle histoire qui, sait-on jamais, suivra celle déjà écrite. Avant mon départ, le roi votre père me faisait une confidence partageant sa tristesse à votre égard ajoutant cette affirmation : «Loin des yeux, loin du cœur». Je dois vous avouer, chère Catherine, que le roi votre père envie la simplicité d’une vie mais que le poids de son titre, le presse à donner l’image d’un souverain fort et discipliné pour y maintenir la monarchie. À mots couverts, il me laissait ce message à vous transmettre de sa compréhension ainsi que sa fierté à votre égard à cette vie dont vous avez choisi, votre propre chemin. Sans mot de ma part, j’écoutais ses doléances à votre personne dont un sobriquet vous dessinant…sa p’tite fée! À mon embarquement, il me suggérait un manuscrit de cette contré d’un quotidien de jours et d’heures de cette petite fée. À ses moments de père, il aurait ce plaisir de parcourir des instants de rapprochement préservant les yeux de son cœur, lieu de son bonheur.

    Je me presse encore une fois car dans deux jours je m’embarque avec une garnison pour une campagne périlleuse où un groupe d’amérindiens menace l’une de nos colonies établies dans un lieu appelé Les Grands Lacs. Je l’espère et prie pour avoir le privilège de vous lire à ce temps qui sera le vôtre.

    Votre tout dévoué et ami,
    Louis De Letourneau


    Argenteuil
    Au cours d’une agréable soirée sous les étoiles

    Mon cher préfet,

    Qu’il me fut agréable de recevoir à nouveau une lettre de votre part sous ce sceau spécial qui probablement à ce jour a voyagé plus que la plupart des communs mortels ici bas. Comme à chaque fois avec empressement j’ouvre cette lettre avec mes petites mains délicatement et doucement.

    Dites moi préfet, votre voyage fut-il bon? Vous savez comme moi, ma soif d’aventures et je désire tout savoir dans les moindres détails. Au moins pour me faire rêver et aborder mon imagination si fertile, pour les songes de la nuit. Parfois je trouve la réalité tellement triste et me sens prisonnière d’une âme aventurière dans le corps d’une femme. Nous savons tous les deux que ce destin est dévoué aux hommes et qu’il en a la triste réalité. Par contre dans la plus positive des choses on me complimente souvent que j’honore la grâce que seule une femme possède.

    Cependant je me surprends souvent à rêvasser de m’enfuir dans ses nouveaux pays avec mon amoureux secret, mais déchirée entre le fait de mon titre et mon cœur je ne puis prendre décision pour le moment. Je sais que toute patience est récompensée et que je n’en serai que gagnante.

    Je vous pris de me d’écrire dans les moindres détails la vie des gens, leur culture. Parfois ici on s’amuse à dire que notre sainte mère la terre est ronde? En est-il vrai? Pourriez vous me confirmez tout ceci au travers de quelques bout de papier? Pardonnez mon impudence que de questions pour une femme, mais en même temps tout ceci démontre ma quête de tout connaître et vous seul en est la source à mon assouvissement de savoir.

    Dans l’attente d’une réponse, sous la lumière d’une chandelle ici dans mon auberge secrète…

    Catherine de Versailles
    Comtesse d’Argenteuil


    À l’aube de ce huitième jour d’octobre mille six cent soixante-dix-neuf

    Chère Catherine,

    À vous qui parcourez le temps de mon quotidien à ma contré de maintenant, autres lieux demandes ma présence, présence que vous me lirez dont, je l’espère, aurai de vous ce plaisir de vous relire dès mon retour. J’utiliserai au cours de ce périple, ce temps si minime soit-il pour vous écrire gardant cette fibre qui nous relie. Je vous avoue bien sincèrement, ce déplacement m’étreint de craintes d’autant plus ce vaisseau nécessaire pour cette campagne. On me prêtait ce terme d’aventurier lors de ma présence à la cour qui pour moi, seul mon quotidien loin de ma mère patrie pouvait en témoigner. La vie est ainsi faite de tournants qui amènent la vraie réalité dont mes yeux sont bâillonnés.

    Tenant journal par l’influence du gouverneur, une pensée à votre bon soin encourage la trace de mes pas à ce langage qui nous est propre foulant cette terre à ce nouveau monde que trop ne connaissent ses racines et le sang versé.

    En suis à ce jour de ce départ qui en fut retardé cause à l’approvisionnement de vivres et d’effectifs retenus à Québec dont une bonne partie de mon équipage était tributaire de maladies. J’avais cette nouvelle par un messager qui au moment où je débute cette page, trois semaines s’en sont allées. Déjà, le temps donne des signes de fraîcheur car les arbres changent de couleurs ce qui apporte à ce paysage un multicolore sans pareil d’où en moi un grain de nostalgie à me détacher de cette contré. Je m’embarque sur ce vaisseau de guère non par aspiration et loin d’une inspiration mais bien par patriotisme envers ces autres qui sont issus du même lieu et du même roi d’où notre allégeance. C’est donc à l’aube de ce huitième jour d’octobre mille six cent soixante-dix-neuf que nous prenons le cap à l’Ouest quittant la rive de ce fief nommé Eschaillons. Je porte en mon cœur cette prière de la sauvegarde de dieu en notre destinée tout en espérant y revoir ce lieu et mes amis.

    Courage vous accompagne chère amie de toujours et que malgré ce temps à mon absence, mots à ces autres pages accompagneront mes jours et espoir d’un retour.

    Louis De Letourneau


    À l’aube de ce huitième jour d’octobre mille six cent soixante-dix-neuf

    Première Dame de la colonie, j.’ose espérer à ce bon moment, de ce mot de ma part à vote égard car, jours me sont comptés par l’attribution d’une campagne périlleuse dont le roi me mandate à sa gouverne.

    À vous dont beaucoup qualifie votre présence en ce lieu de l’Éschaillons comme
    « Dame du peuple », je me permettrai ce langage en votre faveur à votre rang, m’adressant à vous ainsi :

    Chère Dame du peuple,
    Première de votre lignée,

    À mon réveil en ce jour, jour de mon embarquement vers une terre inconnue, pensée me venait à votre égard, à ce geste dont j’en avais imaginé de nombreux scénarios dans l’éphémère. Quand vient même le rôle que l’on m’attribue dans le cours de ma présence en ce lieu, il demeure en mon for intérieur, cette hésitation à vous approcher de quelques manières que se soient, pour connaître votre personne.

    Et pourtant, nous sommes tous deux issus de cet autre pays la France dont le quotidien ne ressemble en rien à ce nouveau monde dont notre concours à son développement. Le danger nous guète et le temps file. Demain est proche d’embûches comme l’est ma réalité non loin, vite arrivée. Sans savoir ce que la vie me réserve, sans savoir si la vie m’accordera cette occasion de vous connaître, aujourd’hui se veut pour moi ce geste à votre endroit dont je l’espère, cette audience auprès de votre personne dès mon retour.

    Au gré de cette entreprise, je tiendrai registre à compte rendu quotidien de notre avance et me réserve cet autre, à mes états d’âmes du moment qui, souvent en commandement, faiblesse de ma personne, ne permet sa réalité vis-à-vis l’équipage. Je quitte donc cette Seigneurie de l’Éschaillons à bord de cette frégate désigné « La Bienfaisance » tout en apportant avec moi, votre bon souvenir ainsi que l’espoir.

    Recevez, chère Marie Anne De La rochelle, l’expression de ma plus grande admiration.
    Courage vous accompagne et que Dieu vous garde,
    Louis De Letourneau


    Seigneurie de l’Éschaillons à ce jour, le 12ième d’octobre 1679

    Très chère Catherine,

    Je me sens bien loin de ce temps de facilités à ce quotidien de «St Quentin», terre de mon enfance insouciante et à ce début de ma jeunesse inconsciente. Souvenez-vous de nos pitreries à vouloir changer le monde! Comment vouloir quoi que ce soit, lorsque le duvet nous attend à ce bain terminé… Je garde bien au chaud tout près de mon cœur, ces souvenirs car, ils ont été les causes à aller vers l’aventure et je dois bien l’affirmer, mon quotidien se prête à la besogne et ne m’indispose guère au contraire, je m’y sens à ma place et très heureuse.

    Je ne vous serai jamais assez reconnaissante pour la gentillesse dont vous m’avez témoigné tout au long de nos rencontres alors que nous étions aux enseignements et par la suite, votre choix à mon endroit pour devenir votre dame de compagnie. Cette période me permettait d’apprendre les bonnes manières de même que l’apprentissage à l’écriture et ses exigences. Cette reconnaissance à votre égard me permet de constater que la vie est bonne pour moi et de vous l’écrire me procure cette joie renouvelée. Ne vous en déplaise à ce remerciement de votre personne, j’aime me le rappeler en vous l’affirmant de nouveau.

    Nous sommes toutes deux issues de bonnes familles et avons toujours été cette catégorie qui ne s’attardait à ce rang convoité de tous. D’ailleurs à vos derniers propos dont j’appréciais au plus haut point, je reconnaissais en vous, la femme de tous les instants et entreprenante au bien être de son entourage. Je m’étais dite qu’à votre présence en ce nouveau monde, ce qui nous était possible d’entreprendre dans ce temps de jeunesse, le serait et encore une fois réunit toutes deux, demain aurait qu’à bien se tenir.

    Ce qui m’incite à vous écrire en ce jour, se veut à ma grande surprise car je recevais il y a deux jours une lettre d’un gentilhomme nouvellement arrivé à cette Seigneurie de l’Éschaillons, endroit de mon appartenance. J’avais remarqué ce monsieur comme d’autres où bien des regards s’étaient tournés en sa direction.

    Comme vous le savez, ce rang à la noblesse je décidais de le laisser à ce continent voulant y faire ma propre place. Alors, je m’étonnais à ce contenu de sa lettre me portant attention et ce, depuis une période sans pour autant, en savoir le temps. Imaginez ma surprise à cette formule empruntée pour s’adresser à ma personne : «Dame du peuple».
    Je ne m’en attendais davantage éprouvant l’éloge à mon égard à cette ouverture. Une grande perception à cet homme m’était inspirée par le périlleux d’une destination et qu’à son retour, faibles probabilités lui avaient procuré le courage à m’ouvrir son cœur.

    Est-ce si difficile pour ces hommes de trouver ce courage ou peut-être suis-je à cette image d’aucune approche? Et pourtant j’ai traversé une mer sans savoir la résultante.

    En ce jour, il est vers sa destination et étant aux nouvelles de la flotte de par ma fonction à l’approvisionnement, aux dires de plusieurs, ce Monsieur saura faire preuves de combativité ainsi que de souplesse. On lui concède cette mission non pas à cause de ses états de services d’ordre militaire mais à ce talent dont il se distingue par la stratégie ainsi que son sens à commander. Toujours aux dires de certains, seul avec son équipage sera son quotidien dans le mois à venir car, la navigation au St Laurent se termine incessamment due à cette saison de l’hiver.

    Depuis la lecture de sa lettre, je ne cesse de demander grâce à Dieu pour son retour. Ces jours je les espère et en mon cœur une place se prépare. En un sens, je remercie la vie de ce nouvel avènement car maintenant, présence fait partie de mes espérances. Comme vous êtes de mes jours depuis si longtemps, j’ose vous écrire le nom de celui qui m’amène à regarder la vie avec gratitude; Monsieur Louis De Letourneau.

    Sans savoir si ce monsieur fait partie de vos amitiés à votre proche entourage, amitié qui ne m’étonnerait guère d’ailleurs, votre bienveillance me serait d’agréables réconforts.

    Avec toute ma gratitude,
    Marie Anne De La Rochelle


    En ce jour
    Quicksborrow, Angleterre

    Très chère amie,

    Qu’il fût pour moi toute une surprise d’avoir de vos nouvelles. Il y a déjà si fort longtemps. Je fus enthousiasmée de savoir que tout est que bien dans votre vie.

    Veuillez pardonner mon retard, mais il fut pour moi difficile car présentement à la cour royale pénombre un nuage noir au dessus de la famille. Ma mère la reine, dans son désarroi de ne pouvoir donner d’enfant mâle à mon père, et de voir celui-ci se satisfaire avec d’autre jeunes femmes, fut accuser d’adultère pour avoir faim de ses moyens de donner naissance d’un fils. Devant la colère du roi, mais de ma demande pardon il me jura de ne pas me faire de mal pour le moindre du monde. Il fut décidé avec la cour d’envoyer la mère reine au couvant pour que l’affaire s’étouffe et que le peuple n’en parle plus avec le temps.

    Donc il fut décidé de ma part de rendre dans les plus brefs délais une visite s’imposant à la mère reine, dans cet endroit secret où seules, quelques personnes en savent la place. Vaut-il mieux finir ses jours cloîtrés chez les sœurs ou la tête sur le bûcher? Quoi qu’il en soit je fus bien simple spectatrice de la cruauté qu’exige le titre de roi.

    A présent je n’ose avouer à celui-ci, moi qui est à présent la seule héritière valable, tout mon amour que je porte à un homme que je désire tant et je n’ose en consumé tout le bien être qu’il m’en apporte.

    Dans un tout autre ordre d’idée, mon retour est prévue pour dans trois semaines, mais sachez bien que mes messagers personnels me feront acheminer vos lettres, ainsi que celles de votre désormais tendre moitié et mon compagnon fidèle. Je vous en conjure chère amie si vous parvenez à le rejoindre j’aimerais le convier à la cour pour qu’il puisse assouvir le désarroi de mon père et faire revenir tout de moins un peu la paix le sachant de grande amitié avec celui-ci..

    Votre toute dévouée,
    Catherine de Versailles Fille du roi de France


    Seigneurie de l’Eschaillons, ce 28ième jour de décembre 1679

    L’hiver dépose déjà une nouvelle habitude d’en cacher notre corps à de multitudes épaisseurs comme elle le fait depuis mi-novembre provoquant bien des limites à tous déplacements mais aussi, le rapprochement près d’un foyer pour s’y réchauffer.

    Très chère amie,

    En ce temps de grand froid, temps de repos oblige car dehors tout est recouvert de givres accumulant ce blanc immaculé. La populace en espère sa saison assez courte car la récolte à ses semences nous occasionnent le rationnement. Malgré le courage de nos gens, bravant le climat et ses difficultés dans le déplacement, la chance nous rend visite de temps à autre, nous apportant le gibier pour garnir la table donnant cette impression de grand festin.

    Le St Laurent se fige comme un désert nous montrant l’autre rive par temps clément. Il y a deux jours, je visitais un groupe de jeune gens s’étant installés dans un lieu à notre opposé et ce, par un moyen de transport fort utile, tiré par des chiens. Je fus très étonnée d’en éprouver le plaisir à une telle randonnée prenant place dans un traîneau, bien emmitouflée traversant ce fleuve gelé, arrivant à bon port sans en prendre bien de notre temps. Je dois bien le dire, cette saison offre certains avantages pour des visites à l’autre rive qui, à cette autre où l’eau transportant nos bateaux, la traversé occasionne souvent des imprévus, conséquences aux caprices de son courant, de fortes affluences et influences.

    Comme vous en lisez une certaine joie d’un moment à cette saison, celle-ci apporte la douceur pour une nouvelle qui m’arrivait le 14ième jour de décembre, nouvelle provoquant en moi, l’inquiétude d’un événement à votre ami et à mon espérance d’en vivre le bonheur. Je n’ai pas de bonnes sensations à vous annoncer à celui qui, s’embarquait avec ses hommes se portant à la défense, d’une de nos colonies. Un coureur des bois ainsi qu’un de ses lieutenants, s’étaient arrêtés une journée avant de reprendre la route vers Québec. Me donnant le récit de turbulences empreintes de barbaries ainsi que la condition de la frégate emprisonnée provoquant bien des dommages, bien des pincements au cœur, éveillaient en mon for intérieur la crainte jusqu’au moment où, son lieutenant me remettait un mot de sa part, apaisant mon sentiment.

    Malgré la situation, il reste de calme tout en se prêtant à donner tout le soutient à la colonie. La besogne s’inscrit à l’horaire de son quotidien même à cette saison dont son équipage aura à composer. Il m’assure et me rassure pour m’indiquer que l’espérance à notre rencontre à venir, lui octrois un grand courage sans imprudence.

    J’ose croire ma chère Catherine que le temps a apaisé la tourmente qui règne à la cour ainsi qu’au sein de votre famille. La monarchie se prête à de grandes conditions dont peu, ne peuvent en savoir le quotidien et tout ce qui se perçoit de l’extérieur, l’or et le rubis deviennent le prix à payer. Vous comme ma personne, avons vu ce qui faisait de nous, la grande valeur et proche du peuple, valent tous les trésors du monde. La simple robe de même que l’humilité, apporte la royauté d’une grandeur d’âme, au service de son prochain. Chacun de nous, en savons à notre propre royaume et qui peut en juger de l’autre, seulement ce Dieu qui nous y a placés.

    Je vous envoie en ce jour, mes souhaits de grandes sincérités d’en vivre votre propre royaume et plaise à Dieu, de vous donner la grâce à de bonnes pensées vers votre accomplissement, du bonheur au quotidien.

    Votre toute dévouée,

    Marie-Anne

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